Radiofonies Europe
Prestation - production - création
Radiofonies Europe est une association de droit français qui se consacre à la production et à l’édition de formes documentaires, notamment radiophoniques et audiovisuelles.
Animée par une équipe pluridisciplinaire, Radiofonies Europe croit en l’impact des œuvres sur les êtres et privilégie les projets qui lui semblent être de nature à nourrir la pensée, voire à infléchir le réel.
Du nord de l’Angola au sud du Gabon, aux abords très pétrolifères de l’océan Atlantique, ce sont environ 12 millions de personnes qui parlent une même langue, le kikongo. Au fil du temps, ces « Bakongos » ont opposé diverses formes de résistance à l’appropriation de leurs ressources naturelles que voulaient imposer le système colonial portugais (en Angola), belge (en République démocratique du Congo) ou français (au Congo-Brazzaville). Alors que cette appropriation reste aujourd’hui la règle à travers l’exploitation du pétrole dans le golfe de Guinée, cette série est l’histoire des formes de résistance spécifiquement Kongo qui perdurent à travers la mémoire de grandes figures charismatiques et martyres comme Simao Toco, Simon Kimbangu ou André Matsoua.
Cette série documentaire en quatre volets proposée par Benjamin Bibas et réalisée par Anna Szmuc, avec le soutien de Radiofonies Europe, a été diffusée pour la première fois du lundi 25 au jeudi 28 juin 2012, de 17h à 18h, dans le cadre de l’émission "Sur les Docks" (France Culture). Elle est désormais disponible à l’écoute en ligne ci-dessous (un player par émission).
Du nord de l’Angola au sud du Gabon, aux abords très
pétrolifères de l’océan Atlantique, ce sont environ
12 millions de personnes qui parlent une même langue, le
kikongo.
Ces habitant/es du bassin du fleuve Congo sont
les descendant/es de l’ancien royaume Kongo,
« découvert » par le navigateur portugais Diego Cao en
1485 et d’où furent extraits la très grande majorité des
esclaves qui ont peuplé le Brésil, mais aussi les Caraïbes
et le sud des Etats-Unis, entre le XVIe et le XIXe siècles.
Au fil du temps, ces « Bakongos » très largement
christianisés par la rencontre avec la métropole, ont
opposé diverses formes de résistance à l’appropriation de
leurs ressources naturelles que voulaient leur imposer le système colonial portugais (en Angola), belge (en République démocratique du Congo) ou français (au Congo-Brazzaville). Alors que cette appropriation reste aujourd’hui la règle à travers l’exploitation du pétrole dans le golfe de Guinée, cette série est l’histoire de ces formes
de résistance spécifiquement Kongo, qui perdurent à travers la mémoire de grandes figures charismatiques et martyres comme Simao Toco, Simon Kimbangu ou André Matsoua.
[photo : Nkisi kongo (Benjamin Bibas)]
Une introduction à la culture kongo au musée Dapper (Paris) et grâce à l’oeuvre du bédéaste Serge Diantantu. Où l’on découvre, par un détour au musée d’histoire de Nantes, que les esclaves Kongos ont fourni la main d’oeuvre et l’énergie nécessaire au grand commerce inéquitable de l’époque : l’exploitation à grande échelle de la canne à sucre dans les Amériques. Et aujourd’hui, où l’Occident va-t-il puiser son énergie ? Visionner la bande-annonce
En exploitant le pétrole au large des côtes de la République démocratique du Congo et de l’enclave du Cabinda, l’Angola est devenu en 2009 le premier producteur de pétrole en Afrique. Le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), parti au pouvoir à Luanda depuis 1975, revendique seul le mérite de l’indépendance et jouit sans partage de la rente du pétrole. Mais cette hégémonie a longtemps été contestée dans le Nord du pays : par le Front national de libération de l’Angola (FNLA) fondé par Holden Roberto, descendant des souverains de l’ancien royaume Kongo qui tira les premiers coups de feu lors de la guerre d’indépendance en 1961 ; par les adeptes de l’Eglise du prophète kongo Simao Toco qui revendiquent la part spirituelle de la
lutte qui mena à l’indépendance ; encore aujourd’hui par les autonomistes de l’enclave de Cabinda. Visionner la bande-annonce
La participation des Bakongos à l’indépendance de la République démocratique du Congo est majeure : elle s’incarne à travers les figures du premier président de la République Joseph Kasa-Vubu (1960-1965) ou du prophète Simon Kimbangu, fondateur d’une Eglise aujourd’hui forte de plusieurs millions d’adeptes. Mais à l’heure où Kinshasa capte l’essentiel des ressources y compris pétrolières produites dans leur région, nombre de Bakongos se sentent plus que jamais colonisés… Visionner la bande-annonce
La situation politique est bloquée depuis plus d’un siècle au Congo-Brazzaville, où la colonie française a laissé la place à une succession de régimes qui, pour survivre, ont dû faire allégeance à la mainmise économique et militaire du géant pétrolier Elf puis Total. Pour sublimer ce triste tableau politique et « faire en sorte que la vie continue à être », les Congolais se consacrent à la poésie (Sony Labou Tansi), à la création dramatique (Dieudonné Niangouna) ou à la SAPE (Société des Ambianceurs et Personnes Elégantes), pratique revendiquant
l’héritage d’André Matsoua et ouvrant d’ailleurs un horizon économique non-négligeable pour le pays. Visionner la bande-annonce
Cette série doit beaucoup à l’oeuvre de François-Xavier Verschave, à la confiance de Jean Lebrun et à l’amitié d’Emmanuel Chicon.